La quatrième tentative aura été la bonne pour Alexander Zverev. Après trois défaites en finale d’un tournoi du Grand Chelem, l’Allemand de 29 ans a finalement posé ses mains sur le trophée tant convoité, en remportant Roland-Garros, dimanche 7 juin. Dans une finale qui n’a jamais tutoyé les sommets, le troisième mondial a pris le meilleur sur l’Italien Flavio Cobolli, 14e mondial, en cinq manches (6-1, 4-6, 6-4, 6-7, 6-1).
En s’effondrant de bonheur sur le court Philippe-Chatrier, il met fin à 89 ans d’attente pour son pays, qui se cherchait un vainqueur chez les hommes porte d’Auteuil depuis Henner Henkel en 1937 – Steffi Graf s’est imposée à six reprises chez les femmes, la dernière fois en 1999. Surtout, il termine une quête qui l’obnubile depuis ses premiers coups de raquette sur le circuit professionnel.
Barré à ses débuts par le Serbe Novak Djokovic, le Suisse Roger Federer et l’Espagnol Rafael Nadal, puis supplanté par l’Italien Jannik Sinner et l’Espagnol Carlos Alcaraz, Alexander Zverev était toujours placé en Majeurs, mais jamais gagnant. Pas même quand il avait servi pour le match en finale de l’US Open 2020 face à l’Autrichien Dominic Thiem, avant de craquer.
Les mauvais souvenirs chassés
Cette fois, le natif d’Hambourg n’a trouvé aucune star sur sa route, le tableau étant déserté à la suite du forfait d’Alcaraz – blessé au poignet – et aux défaites surprises de Sinner et de Djokovic en début de tournoi. Rater l’occasion aurait fait tache. Et c’est pratiquement ce qu’a fait l’Allemand. Après une première manche largement dominée face à un adversaire qui découvrait la tension d’une finale en Majeur, Alexander Zverev a relâché l’étreinte, laissé filer le deuxième set puis le tie-break du quatrième. Plus percutant, l’Italien lui faisait pourtant bon nombre de cadeaux, comme sur ce smash complètement raté sur balle de set dans le jeu décisif.
De quoi raviver quelques mauvais souvenirs pour le troisième joueur mondial, qui s’était déjà incliné au bout des cinq manches en finale porte d’Auteuil deux ans plus tôt, face à Carlos Alcaraz. Mais à l’époque, l’Espagnol était déjà un double vainqueur de tournois du Grand Chelem, expérience que Flavio Cobolli n’a pas du haut de ses 24 ans.
Combatif mais imprécis, le 14e joueur mondial n’a pas profité de la fébrilité de son adversaire – qui a par exemple commencé son premier jeu de service de la dernière manche par deux doubles fautes – et a empilé les fautes directes (65 en tout dans la rencontre, contre 54 pour Zverev). Au bout de la tension, et après plus de quatre heures de jeu, l’Allemand a fini par profiter de toutes ces erreurs pour l’emporter.