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Au Festival d’Avignon, Stanislas Nordey ou l’art du rebond permanent

· Culture

Stanislas Nordey va avoir 60 ans le 12 septembre et cette nouvelle, jure-t-il, le rend « fou de joie ». On le croit. Il suffit de regarder cet hyperactif se démultiplier dans ses activités parallèles sans jamais ralentir le tempo pour en être convaincu. Levé tôt, couché tard, le metteur en scène interdit à l’ennui de ternir ses journées. Il est en scène tous les après-midi au Théâtre des Halles, dans le Festival « off » d’Avignon. Seul sur le plateau, il interprète Evangile de la nature (De rerum natura), poème philosophique de Lucrèce dont la merveilleuse traduction de Marie NDiaye accentue la dimension visionnaire.

« J’ai peur du vide », avoue le comédien lorsqu’on le retrouve pour évoquer les contours de sa nouvelle vie. En 2023, il a quitté le Théâtre national de Strasbourg, dont il était le directeur depuis 2014. Neuf ans à la tête d’un théâtre public : l’expérience en aurait usé plus d’un. Pas lui.

Il est l’homme du rebond. Hier patron d’une grande institution, aujourd’hui aux manettes d’une petite maison d’édition : « Je suis passé d’une équipe de 150 permanents à une structure de trois personnes. » Il a pris la relève de Sabine Chevallier, la fondatrice des éditions Espaces 34. Au catalogue, des auteurs vivants (de Claudine Galea à Christophe Pellet en passant par Sébastien Kheroufi) et puis, aussi, des morts, dont il publie des inédits. Nom de la collection : « Les introuvables ». Nom des auteurs : Pier Paolo Pasolini (1922-1975) et Didier-Georges Gabily (1955-1996).

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