Culture

Aux Fêtes nocturnes de Grignan, François Morel s’en donne à cœur joie dans « L’Ecole des femmes »

Aux Fêtes nocturnes de Grignan, François Morel s’en donne à cœur joie dans « L’Ecole des femmes »

Quel drôle de décor pour un si bel endroit. Sur la scène de la 39e édition des Fêtes nocturnes de Grignan (Drôme), installée devant l’élégante façade Renaissance du château qui domine ce joli village, une baraque en bois de guingois et un réverbère sont reliés par un fil sur lequel pend une paire de chaussures féminines. C’est ce dispositif minimaliste qu’a retenu Robin Renucci, directeur de La Criée, centre dramatique national de Marseille, pour mettre en scène L’Ecole des femmes de Molière.

En ce quadricentenaire de la naissance de la marquise de Sévigné – figure indissociable de l’histoire de ce château où elle passa de longs séjours et écrivit ses lettres –, le choix de cette comédie en vers est judicieux tant la charge moliéresque contre les hommes opposés à l’émancipation des femmes entre en résonance avec la liberté littéraire prise au XVIIe siècle par la marquise. Mais la scénographie en forme de no man’s land indatable dessert davantage le propos qu’il ne le sert.

« Je ne veux point d’un esprit qui soit haut », annonce Arnolphe à son ami Chrysalde pour justifier d’avoir fait élever sa pupille Agnès dans l’ignorance dès son plus jeune âge. Ainsi, se persuade-t-il, en épousant une sotte il ne risquera pas d’être cocu. Pour incarner ce bourgeois d’âge mûr, figure du patriarcat dominateur, François Morel s’en donne à cœur joie. Dans son costume au tissu de tapisserie, il est à l’image de cette société corsetée et déploie sa force comique au service du grotesque de son personnage. Sa stratégie ne va pas fonctionner et va même se retourner contre lui. Pièce de quiproquos, L’Ecole des femmes se rit de la bêtise des hommes qui ont peur des femmes intelligentes.

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