Culture

Avec « Henri Salvador do Brasil », le musicien brésilien Marcos Valle rend un bel hommage au crooner français

Avec « Henri Salvador do Brasil », le musicien brésilien Marcos Valle rend un bel hommage au crooner français

Après son grand retour consécutif au succès de l’album Chambre avec vue (2000), coécrit en partie par Benjamin Biolay et Keren Ann, ce farceur qu’était Henri Salvador s’amusa à alimenter une rumeur : il aurait été, avec Dans mon île (1958), l’inventeur de la bossa-nova. Tout simplement. Sa douceur aurait en effet donné à Antonio Carlos Jobim (1927-1994) – un des pères fondateurs du genre avec ses camarades Vinicius de Moraes (1913-1980) et Joao Gilberto (1931-2019), les trois formants une Sainte Trinité – l’idée de ralentir le tempo. Las, Jobim a découvert Dans mon île après l’enregistrement par Joao Gilberto, en avril 1958, de son Chega de saudade coécrit avec Vinicius de Moraes, l’acte de naissance officiel de la bossa-nova. Les faits sont têtus.

Cette légende amuserait plutôt le musicien carioca Marcos Valle, qui rend un bel hommage au Français avec Henri Salvador do Brasil, 11 titres de son répertoire interprétés dans la langue de Jorge Amado grâce à des adaptations de Lucas Santtana, Bahianais installé en France. A deux exceptions près : Le Wagon, où Zé Ibarra répète que « C’est beau la France quand on n’est pas pressé », et Rose, que Marcos Valle s’est réservé avec Joyce Moreno autour d’un accordéon. En maître d’œuvre, le plus californien des ténors de la musique brésilienne imprime sa marque faite de jazz, de rock et de funk, d’orchestrations classiques et de touches synthétiques.

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