Malakoff Humanis, poids lourd de la complémentaire santé et de la prévoyance, est visé par une enquête préliminaire ouverte pour des soupçons de « corruption active et passive privée commise en bande organisée » menée par le Parquet national financier (PNF), a fait savoir une source judiciaire à l’Agence France-Presse (AFP), vendredi 26 juin, confirmant une information de Mediapart.
Les investigations du PNF portent « sur la rémunération d’intermédiaires lors d’investissements sur les actifs cotés et non cotés, pour des prestations suspectées d’être fictives ayant donné lieu à des rétrocommissions », selon cette source.
Au cœur du dossier, il y a notamment une somme de 7 millions d’euros qui correspondrait, selon cette source, aux commissions perçues pour ce rôle d’intermédiaire par Thomas Vendôme Investment (TVI), qui se présente comme une « société indépendante spécialisée dans la levée de fonds et le conseil stratégique en entreprise ».
Des auditions en tant que suspects libres
Le groupe Malakoff Humanis récuse « fermement l’existence de toute rétrocommission » et, afin « de préserver les intérêts du groupe, Malakoff Humanis a décidé de porter plainte », selon un communiqué transmis à l’AFP. Le groupe décrit une « enquête judiciaire » ouverte « concernant une société tierce, Thomas Vendôme Investment (TVI), avec laquelle travaillent certaines sociétés de gestion sélectionnées par Malakoff Humanis pour gérer ses actifs financiers ».
Le directeur général de Malakoff Humanis, Thomas Saunier, et Jean-Pierre Thomas, président de TVI, ont été « auditionnés comme suspects libres », précise encore la source judiciaire à l’AFP. Les sièges de Malakoff Humanis, assureur paritaire cogéré par les syndicats patronaux et par ceux d’employés et de retraités, et de TVI, ainsi que les « domiciles de personnes physiques », ont été perquisitionnés le 16 juin, selon cette même source.
L’enquête préliminaire fait suite à des « signalements anonymes faisant état de pratiques internes ayant conduit à ces perquisitions », détaille-t-elle. L’enquête se poursuit pour exploiter les éléments saisis aux sièges et aux domiciles.