« Les familles sont démunies. Elles ne reconnaissent plus leurs proches. Ils deviennent menteurs, manipulateurs, voleurs. Ils peuvent menacer, racketter, frapper. Ils sont obsédés par une seule chose : trouver de l’argent pour acheter une dose. » Assise sur un banc en béton du parc de Bois-d’Olives, à Saint-Pierre, dans le sud de La Réunion, Fatima Lauret dénonce, avec ses convictions de « citoyenne » et de mère de sept enfants, les ravages du « dou », visibles dans ce quartier familial et populaire.
Rebaptisée localement, cette drogue, classée dans les cathinones de synthèse, est connue dans l’Hexagone sous l’appellation de NEP, le N-éthylpentédrone. Aux yeux des autorités locales, elle est apparue sur l’île en 2023. Sa consommation est d’abord restée cantonnée au sud de l’île, avant de s’étendre dans le reste du territoire. « Je suis surpris par la violence avec laquelle ce produit s’est répandu. Nous rencontrons des consommateurs qui, parfois, n’avaient aucun parcours d’addiction avant d’en prendre. Il y a aussi cette facilité à s’en procurer grâce aux réseaux sociaux », observe Erick Jean-Daniel Singaïny, psychologue clinicien au CHU de La Réunion.
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