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Dans les centres de rétention administrative, les femmes face à des vulnérabilités multiples

Dans les centres de rétention administrative, les femmes face à des vulnérabilités multiples

« Je ne savais pas que des endroits comme ça existaient en France. » Au bout du fil, depuis le centre de rétention administrative (CRA) de Metz, Aïssatou (les prénoms ont été modifiés) retient difficilement ses sanglots. Voilà près de trois mois que la jeune Guinéenne de 25 ans est enfermée dans ce lieu où elle peine à trouver le sommeil et où l’angoisse croît de jour en jour. Ses maux de tête sont devenus quasi quotidiens. « Ici, dit-elle, on tombe malade à force de stresser. »

Mariée de force à 16 ans, Aïssatou a quitté la Guinée un jour de septembre 2022. Elle avait 22 ans et rêvait de faire des études. Seule, elle a traversé le Mali, l’Algérie, la Libye, avant de rejoindre l’Italie par bateau. Après des mois d’errance entre l’Italie et la frontière franco-italienne, elle arrive en France en janvier 2023. Elle cherche du travail, se déplace de foyer en foyer. Sans papiers, elle est interpellée par la police dans la Moselle début mars. Depuis, elle sombre, sans perspective, dans une attente qui lui semble interminable : « Je me demande si je vais sortir d’ici un jour. »

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