Voice of Freedom Повна версія

Emmanuel Macron s’en remet aux écrivains pour raconter sa dernière année au pouvoir

· Politics

Le sommet du G7, qui s’ouvre à Evian (Haute-Savoie) lundi 15 juin, n’aura pas son saint Simon. L’Elysée avait proposé à la romancière Maria Pourchet de suivre, en qualité d’écrivain « embedded » (« embarqué ») dans la délégation française, l’ultime G7 d’Emmanuel Macron. Lui donnant carte blanche pour circuler librement dans les couloirs de l’hôtel Royal, le 5 étoiles de la ville thermale qui accueille le sommet, et pour assister discrètement aux échanges entre chefs d’Etat.

L’autrice de Feu (Fayard, 2021), sociologue de formation, s’imaginait déjà observant discrètement les sept leaders du monde occidental et décrivant dans son style singulier la comédie sociale qui se serait jouée sur les bords du lac Léman, sur fond de guerres en Ukraine et au Moyen-Orient. Le magazine Society était prêt à publier son article. L’écrivaine a finalement repoussé la proposition de la présidence : pour des raisons « diplomatiques », sa mobilité aurait été beaucoup plus réduite que prévu initialement, et l’accès aux principaux personnages aurait été à peine plus important que celui accordé à la presse, c’est-à-dire très limité. « J’aurais été une journaliste… », résume, déçue, la quadragénaire.

L’invitation adressée à Maria Pourchet s’inscrit dans une démarche inédite. A un an de la fin du second mandat d’Emmanuel Macron, l’Elysée a entrepris de faire appel à des écrivains pour rendre compte des principaux événements inscrits à son agenda. Il s’agit de « documenter la fin du quinquennat avec des textes longs et déconnectés de l’actualité », résume un conseiller. Pour valoriser son héritage (sa « legacy », comme on dit à l’Elysée), Emmanuel Macron s’en remet au talent des écrivains, de préférence aux journalistes.

« Ça ne se refuse pas »

Emmanuel Carrère a ouvert la voie en juillet 2025, rendant compte avec délectation, dans Le Nouvel Obs et le Guardian, des coulisses du G7 qui s’est tenu au Canada mi-juin. Baptiste Rossi, conseiller discours du président, chargé d’enrôler les écrivains (il n’a pas répondu à nos sollicitations), ne manque d’ailleurs pas de leur rappeler ce précédent flatteur. « Mais Emmanuel [Carrère] s’était prêté à l’exercice parce qu’il était entièrement libre », observe Maria Pourchet.

Il vous reste 56.61% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.