En Nouvelle-Calédonie, une élection cruciale après une campagne sans enthousiasme
La Nouvelle-Calédonie s’apprête à tourner la page d’un mandat hors norme. Il aura duré sept ans au lieu de cinq, il a été marqué d’abord par la pandémie de Covid-19, puis par les violences sans précédents de 2024 qui ont fait 14 morts et mis l’économie de l’archipel à terre. Dimanche 28 juin, les Calédoniens désigneront leurs représentants au sein des trois assemblées de province (Nord, Sud et Îles) après trois reports de l’élection.
Le scrutin de liste à la proportionnelle à un seul tour est majeur dans l’archipel. Parce que les provinces concentrent la plupart des compétences (santé, social, développement économique…), mais aussi parce que le congrès de la Nouvelle-Calédonie, l’assemblée délibérante du territoire, est constitué d’une partie des élus provinciaux. C’est ensuite ce congrès qui désigne le gouvernement local. Un seul vote détermine donc en réalité la couleur politique de trois institutions.
La campagne a été particulièrement courte, quelques semaines à peine. L’Etat avait en effet pour projet de reporter une quatrième fois ce scrutin. Mais, début avril, le rejet par l’Assemblée nationale de la réforme constitutionnelle créant un nouveau statut pour le territoire a obligé le gouvernement à revoir ses plans. L’examen d’un nouveau texte, cette fois pour élargir partiellement le corps électoral lors de ces élections, a focalisé l’attention et repoussé d’encore un mois la finalisation des listes. La campagne n’a donc pu commencer que fin mai.
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