Guillaume Erner, animateur de la matinale de France Culture, a présenté ses excuses à l’antenne, vendredi 26 juin, après la diffusion, mercredi, d’un montage audio laissant entendre que Jean-Luc Mélenchon tenait des propos antisémites, qui s’est révélé fallacieux et a provoqué l’indignation de La France insoumise (LFI).
Ces excuses, qui suivent celles de la radio publique formulées jeudi, ont été jugées insuffisantes par M. Mélenchon. « La direction de France Culture sait parfaitement ce qu’elle fait en ne sanctionnant pas un tel comportement (…) », écrit-il sur X. « Elle admet ainsi comme un procédé excusable une manipulation de l’information pour l’orienter dans un sens faux et insultant, elle place donc tout son personnel sous le soupçon de partager ces méthodes. Elle est donc autant en cause que Guillaume Erner. »
Vendredi, M. Erner ne présentait pas la matinale, ce qui était « prévu de longue date », selon son message diffusé à l’antenne. « Je tenais à revenir sur la matinale de mercredi, au sujet de laquelle je tiens à vous présenter mes excuses », a-t-il déclaré, en reconnaissant « deux erreurs ». D’abord, « ce montage audio, je l’avais trouvé sur les réseaux sociaux, il provenait de “Léon le Média”. J’aurais dû préciser cette source ».
« Cet extrait n’aurait pas dû être diffusé »
Ensuite, « je n’avais pas vérifié scrupuleusement le contenu de ce montage audio. Il s’avère qu’il était fallacieux, je l’ai constaté a posteriori et je le regrette. Ça n’est pas conforme à mon éthique professionnelle (…). Je serai vigilant à l’avenir pour que ça ne se reproduise plus », a-t-il assuré.
Mercredi, au cours d’un long entretien avec Marine Le Pen, M. Erner avait diffusé l’extrait trouvé, selon son propre aveu, « sur les réseaux sociaux ». On y entendait en parallèle la description que Jean-Marie Le Pen, plusieurs fois condamné pour antisémitisme, faisait des juifs et des déclarations de Jean-Luc Mélenchon censées s’en rapprocher.
Dans un message publié le lendemain sur la page de l’émission, la direction de la radio et le présentateur avaient présenté « leurs excuses aux auditrices et auditeurs ». Dans un deuxième message, France Culture estime que « cet extrait n’aurait pas dû être diffusé » et précise qu’il a été « retiré de cette version du replay ».
La diffusion de ce montage fallacieux a été condamnée par la Société des producteur·ices de France Culture (SPDC), les SDJ (Sociétés des journalistes) de France Culture et du groupe public Radio France et le syndicat SNJ-CGT de Radio France.