Culture

Festival d’automne : Sébastien Kheroufi nourrit son théâtre de son histoire familiale

Festival d’automne : Sébastien Kheroufi nourrit son théâtre de son histoire familiale

Adolescent, Sébastien Kheroufi allait chaque week-end rendre visite à son père dans un foyer Emmaüs parisien. Un jour, alors qu’il avait 17 ans, il l’a retrouvé mort. « Mon père était malade, il a fait une crise cardiaque alors qu’il s’épluchait une orange et buvait un verre de vin », se souvient le metteur en scène. Ce fut la fin de l’enfance et de l’innocence, soit La Mort du môme, titre choisi pour sa nouvelle pièce. « Ce spectacle n’est pas une thérapie personnelle. Je suis quelqu’un de très pudique et je vais bien, précise d’emblée Sébastien Kheroufi. J’ai voulu partir de cet événement et de la nuit qui a suivi son décès, pendant laquelle la famille s’est demandé où l’enterrer, en Algérie, où il est né, ou en France, où il vivait, pour aller vers une histoire plus grande, parler de ce qui a été enfoui et de ceux qui restent. En donnant le souffle de la tragédie, sans pitié ni misérabilisme. »

La Mort du môme est le dernier volet du triptyque lié à son histoire familiale, qu’il a entamé en 2023 avec une version actualisée d’Antigone, de Sophocle, puis poursuivi en 2024 avec sa transposition dans une cité de banlieue de Par les villages, de Peter Handke. Avec ce dernier chapitre, c’est la première fois qu’il a la double casquette de metteur en scène et d’auteur. Pour surmonter la difficulté de l’écriture, il a eu la chance de bénéficier d’une résidence à la Villa Médicis, à Rome. « Un lieu incroyable, qui offre du temps et du silence. Je voulais écrire la première et la dernière phrase là-bas. »

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