Rarement la douceur d’une voix nous a procuré une telle émotion. Celle de Guillaume de Tonquedec, racontant l’amour indéfectible qui unit ses parents et la maladie qui a fini par envahir leur vie, dégage une humanité bouleversante. C’est la première fois que ce comédien – rendu célèbre pour son rôle de Renaud Lepic, le père de famille traditionnelle de la série à succès Fais pas ci, fais pas ça (France Télévisions) et aussi César du meilleur acteur dans un second rôle pour Le Prénom – fait le choix du seul en scène. Dans Ta mère et moi, adaptation du livre éponyme qu’il a publié en septembre (Stock, 176 pages, 19 euros), Guillaume de Tonquedec, porté par une scénographie inventive, emmène le public dans son intimité familiale avec une infinie tendresse.
Sa « petite maman », qui sent bon le parfum Jardins de Bagatelle de Guerlain, a appris, à l’âge de 40 ans, qu’elle était atteinte d’une sclérose en plaques. C’était il y a quarante-trois ans. Pendant toutes ces décennies, son mari est devenu un aidant dévoué à la femme de sa vie et son fils a eu une « peur viscérale » de la perdre. Recourant avec justesse à des dessins animés délicats, à des images d’archives du couple en noir en blanc et à deux petites figurines symbolisant ses parents vieillissants, la mise en scène imaginée par Djanis Bouzyani nous immerge dans une histoire d’amour à la dimension universelle tant elle renvoie à notre capacité, ou pas, d’affronter la fin de vie de nos proches.
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