Le gouvernement avait-il anticipé le succès de la journée de mobilisation pour les salaires et les services publics du jeudi 5 novembre ? Aux alentours de 17 heures, avant même que les cortèges ne se soient dispersés et que les chiffres officiels ne soient connus (575 000 manifestants dans toute la France d’après le ministère de l’intérieur, 1,6 million selon la CGT), le premier ministre Sébastien Lecornu annonçait une « conférence sociale » lundi à Matignon avec les organisations syndicales et patronales.
Confronté à un mouvement social profond et multiforme qui semble ne pas vouloir refluer, le chef du gouvernement se donne la possibilité, avec ce rendez-vous, de sortir d’un tête-à-tête incertain avec la jeunesse, pour entrer dans un dialogue plus balisé avec les partenaires sociaux. En pleine crise de Mai-68, le premier ministre Georges Pompidou initiait déjà avec les syndicats de salariés et les organisations patronales une négociation collective qui allait aboutir aux « accords de Grenelle ».
Sébastien Lecornu, qui cherche une sortie de crise, a inévitablement ce précédent en tête en réunissant les partenaires sociaux. Mais que peut-il donner aux manifestants, qui aspirent principalement à une hausse des rémunérations ? « Un sommet social, c’est de l’argent, et là, il n’y a pas d’argent », assène un ancien conseiller d’Emmanuel Macron.
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