« Contre nos actifs, l’offensive connaît une accélération exponentielle ! » Dans la communauté d’affaires européennes à Moscou, l’inquiétude grandit, même parmi les voix les plus ferventes du maintien économique en Russie malgré la guerre en Ukraine. Depuis deux mois, les décrets du Kremlin se multiplient en effet pour placer « sous administration provisoire » les actifs russes d’entreprises européennes.
Dans les faits, via des sociétés écrans, Moscou agite la menace de confiscation car ces mises sous tutelle risquent de finir en cession à des sociétés amies du régime. « Ce n’est pas forcément une confiscation ou une nationalisation, précise cette même source européenne à Moscou. Les autorités créent surtout du flou et de l’incertitude, leur technique privilégiée pour mettre de la pression dans les négociations avant de trouver une solution. »
Moins d’un mois après la mise « sous administration provisoire », le 17 septembre, sur oukase du Kremlin, des actifs russes d’Auchan, Leroy-Merlin, FM Logistic et Nestlé, puis du groupe allemand Metro, une nouvelle vague d’entreprises a été visée. Dernière cible en date, jeudi 5 novembre : le cigarettier Japan Tobacco International. En octobre, cela avait été le tour des actifs du fabricant de revêtements de sol Tarkett, dont les usines en Russie appartiennent à parts égales à la maison mère française et à sa filiale serbe. Puis ont été visés les fabricants d’emballages allemands Menshen et suédois Kappa Rus, mais aussi le Belge Ontex, fabricant de produits d’hygiène. En août, cela avait été aussi le cas des actifs russes de l’Italien Adventus, producteur d’équipements électriques.
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