Deux lycéens de 16 ans ont été mis en examen, jeudi 5 novembre, pour avoir provoqué l’incendie partiel du lycée nantais Nelson-Mandela, où ils étaient scolarisés, a appris l’Agence France-Presse auprès du parquet.
Les deux adolescents ont été placés sous contrôle judiciaire, avec placement en centre éducatif fermé pour l’un, ajoute le procureur Antoine Leroy, confirmant une information de Ouest-France. Le parquet de Nantes, qui a requis un placement en détention provisoire pour les deux lycéens, annonce faire appel.
Les deux adolescents avaient été interpellés mardi avec un troisième lycéen dont la garde à vue avait été levée, son implication n’ayant pu être établie. Les deux mineurs mis en examen ont admis « une partie de la matérialité des faits », avait précisé Antoine Leroy.
Le hall d’entrée de ce lycée avait été détruit par un incendie volontaire le 1er octobre, dans le cadre du mouvement lycéen assorti de blocages des établissements scolaires.
Ce jour-là, vers 7 heures du matin, « plusieurs jeunes cagoulés disposaient des poubelles et du matériel urbain devant la porte d’entrée du lycée, y mettaient le feu, certains d’entre eux avec des aérosols projetant des flammes », avait rappelé le procureur. « Des tirs de mortiers étaient également effectués en direction de la porte du lycée, laquelle était totalement obstruée par un amoncellement de détritus », avait-il ajouté.
Travaux chiffrés à environ 4 millions d’euros
Un incendie se propage à l’entrée, au toit, « brisant les vitres et dégradant les panneaux photovoltaïques, le réfectoire, ainsi que quelques chambres de l’internat », où se trouvent alors des élèves, selon le procureur. Certaines salles de classe ont également été détruites.
Le lendemain, les enquêteurs constatent la présence de plusieurs poubelles « près du point de carbonisation » et « l’utilisation de produits accélérants d’origine pétrolière et liquide ».
Les trois lycéens avaient été placés en garde à vue des chefs de « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destructions de biens lors de manifestation sur la voie publique », « destruction du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes lors de manifestation sur la voie publique » et « destruction/dégradation en bande organisée du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes ». Ce dernier fait, de nature criminelle, est passible d’une peine de vingt ans de réclusion.
Les travaux de remise en état du lycée ont été chiffrés à environ 4 millions d’euros, selon la Région, qui envisage une réouverture partielle le 16 novembre.