C’est le symbole entre tous des difficultés budgétaires dans lesquelles se débat la France. Au premier trimestre 2026, la dette publique française a franchi le seuil des 3 500 milliards d’euros, pour s’établir précisément à 3 536,1 milliards d’euros, fin mars. Le montant est impressionnant. Si elle voulait rembourser cette dette d’un coup, la France devrait, par exemple, vendre tout son stock d’or, plus toutes ses actions cotées ou non en Bourse (EDF, Engie, Airbus, etc.), plus tous les bâtiments et terrains publics… et cela ne suffirait peut-être pas.
Ce montant marque un sommet. En un trimestre, la dette des administrations publiques au sens de Maastricht s’est alourdie de 75,6 milliards d’euros. Depuis plus de cinquante ans, l’Etat, les collectivités locales et la Sécurité sociale dépensent chaque année plus d’argent qu’ils ne collectent de recettes, notamment fiscales. Pour couvrir la différence, le pays doit s’endetter toujours davantage. Résultat : la dette atteint un nombre de milliards jamais vu dans l’histoire.
Mais surtout, cette dette grimpe bien plus rapidement que l’activité économique. En 1980, elle représentait 20 % du produit intérieur brut (PIB) annuel. En 2000, elle se situait autour de 60 % du PIB. A présent, elle équivaut à 117,5 % du PIB, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). C’est presque autant que le record de 117,8 % atteint au premier trimestre 2021, lorsque la pandémie de Covid-19 avait amené Emmanuel Macron à vouloir sauver l’économie, « quoi qu’il en coûte », en dépensant sans trop compter. Au sein de l’Union européenne, seules la Grèce et l’Italie affichent des taux supérieurs.
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