Lorsqu’il a dessiné La Grande-Motte, dans l’Hérault, l’architecte Jean Balladur (1924-2002) a divisé la ville en deux. A l’est, au soleil levant, le royaume des pyramides, ces grandes résidences blanches emblématiques de cette station balnéaire, dont la forme s’inspire des constructions mayas. C’est la partie masculine, tout en lignes droites, décrivait le créateur de cette cité ovni au bord de la Méditerranée, près de Montpellier.
A l’ouest, au soleil couchant, les immeubles, tout en courbes, épousent des formes psychédéliques : c’est la partie féminine. C’est là que vit Pascal Domercq, jeune retraité, ex-instituteur. Son deux-pièces de 40 mètres carrés possède un balcon avec vue sur la mer. La Grande-Motte, c’est chez lui : il y a enseigné, et il y vit depuis 1993.
Mais il reconnaît qu’il est de plus en plus compliqué d’y rester. « Je suis locataire, et comme chaque année depuis neuf ans, je dois libérer les lieux au 30 juin car mon propriétaire met son appartement en location touristique. Je peux ensuite y revenir en septembre. C’est contraignant, mais je m’y suis adapté, car j’adore vivre ici. C’est la seule manière pour moi de me loger à la Grande-Motte », explique ce passionné d’apiculture, qui gère bénévolement un réseau de ruches de la ville. En ce mois de juin, dans sa résidence, la plupart des volets sont fermés : très peu d’habitants vivent à l’année. « Autour de moi, il y a essentiellement des boîtes à clés. » L’été, elle est pleine à craquer.
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