Culture

Le cinéma de Valeska Grisebach, à la frontière du documentaire et de la fiction

Le cinéma de Valeska Grisebach, à la frontière du documentaire et de la fiction

L’événement a laissé une profonde empreinte sur Valeska Grisebach. Jusqu’à irriguer en souterrain son cinéma, et notamment son nouveau film, L’Aventure rêvée, Prix du jury au dernier Festival de Cannes. La réalisatrice allemande avait 21 ans quand est tombé le mur de Berlin, en octobre 1989, ouvrant un pont entre l’Ouest et l’Est, après des décennies de séparation. Pour la jeune femme ayant grandi à Berlin-Ouest, un nouveau monde émergeait. Le destin de l’Europe était en train de basculer.

Ce n’est certainement pas un hasard si avec Western (2017) puis L’Aventure rêvée, c’est en Bulgarie que se déploie aujourd’hui son cinéma, à la frontière de la fiction et du documentaire. Dans cette partie du continent qui lui était restée si longtemps étrangère. « Quand, en Bulgarie, je parle à des gens qui étaient jeunes en 1989, je suis émue que nous soyons si liés par cela », confie-t-elle quand on la rencontre à Paris. Pour L’Aventure rêvée, centré sur une archéologue confrontée à de vieux contrebandiers locaux, elle a voulu filmer des « survivants » de sa génération qui ont connu cette période « pleine de promesses de liberté, de démocratie, de capitalisme » puis la dure chute de leurs rêves : « Comment peuvent-ils aujourd’hui se rapprocher les uns des autres ? »

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