Le grand blues des libraires face à la chute des ventes de livres
A première vue, les turpitudes géopolitiques autour du détroit d’Ormuz semblent bien éloignées des rayons ouatés des librairies françaises. Pourtant, comme nombre de commerces, ces dernières ont souffert du choc énergétique engendré par la guerre au Moyen-Orient.
« Dès que le prix à la pompe augmente, les affaires s’arrêtent », confie ainsi Ingrid Ledru, gérante de la librairie Le Livre en fête, installée en territoire rural, dans la ville de Figeac (Lot). Face à la flambée du coût de l’essence, nombre de ses lecteurs ont dû faire des arbitrages dans leurs dépenses et ont réduit leurs achats de livres. Cela s’est traduit par « une chute des ventes de 11 % à 15 % depuis mars », raconte-t-elle. Ce qui l’a contrainte à ne pas renouveler le contrat à durée déterminée (CDD) d’un employé en avril et à diminuer « drastiquement » ses commandes de livres.
Le secteur de la librairie traverse une zone de turbulences. Depuis fin avril, les mastodontes Gibert, Furet du Nord et Decitre ont été placés en redressement judiciaire. Gibert, premier libraire indépendant de France, espère se relancer grâce aux livres d’occasion. Le groupe Nosoli, qui chapeaute Furet du Nord et Decitre, a dû se résoudre à annoncer, le 30 juin, la fermeture, dans les prochaines semaines, de 11 de ses 27 magasins – dont la librairie historique lyonnaise, située place Bellecour –, et à supprimer jusqu’à 163 postes sur 600. Une nouvelle coupe claire, après avoir déjà baissé le rideau de cinq librairies en 2024.
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