Peut-on embaucher, « au nom de la présomption d’innocence », un ancien policier, condamné pour racket et sous contrôle judiciaire, comme collaborateur politique au sein d’une collectivité publique ? La réponse est oui pour Virginie Ruffenach, présidente du groupe Avenir en confiance à la province Sud et vice-présidente du Rassemblement-Les Républicains. En décembre 2024, cette dernière a en effet intégré à son équipe G., un quadragénaire à la réputation sulfureuse, au sein de son cabinet, sur l’enveloppe accordée par la collectivité à chaque groupe politique.
Sur une vidéo qui a circulé en 2022 et que Le Monde a pu consulter, il est l’homme au tee-shirt rouge qui court après des jeunes du quartier populaire de Ko We Kara, saoul, selon les témoins qui filment la scène. « Voilà les corrompus, ils sont saouls, ils ne sont même pas en tenue ! », entend-on crier avant qu’une voiture de police ne démarre en trombe.
G. n’aurait jamais dû se trouver sur le terrain. Déjà condamné en 2013 pour une affaire d’altercation alcoolisée avec des gendarmes, il avait été retiré de la voie publique en 2017 à la suite de violences commises dans les cellules de dégrisement du commissariat central de Nouméa sur un jeune mineur.
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