Culture

Dans « Seuls les rebelles », Danielle Arbid filme un amour décrié dans un Liban reconstitué en studio

Dans « Seuls les rebelles », Danielle Arbid filme un amour décrié dans un Liban reconstitué en studio

L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS

L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS

Les accidents au cinéma procurent parfois de belles surprises. Ne pouvant réaliser son nouveau long-métrage au Liban, du fait de la guerre et des bombardements israéliens, la Franco-Libanaise Danielle Arbid, née en 1970 (Passion simple, 2021 ; Peur de rien, 2016…), a fait le choix d’incruster des images de son pays natal dans le studio où a eu lieu finalement le tournage, en région parisienne. Les premiers plans de Seuls les rebelles, des façades d’immeubles mouvantes, nous donnent cette illusion de Beyrouth, et nous envoient peut-être aussi ce message : la ville tient encore debout. Mais dans la rue, rien ne va.

Un homme noir se fait tabasser par deux brutes épaisses, et il faut l’intervention d’une femme courageuse, qui leur tape et leur crie dessus, pour qu’ils prennent la fuite. Les images fugaces de cette lutte inégale, prises au ralenti et en plan rapproché, nous éloignent encore du naturalisme, dessinant une chorégraphie.

Ainsi Suzanne (Hiam Abbass), libanaise d’origine palestinienne, rencontre-t-elle le migrant soudanais Osmane (Amine Benrachid). Une première fois, puis une deuxième, lorsque celui-ci repasse à son appartement et lui offre des oranges pour la remercier d’avoir pris soin de lui et pansé sa blessure. Près de quarante ans séparent le migrant sans papiers et cette veuve âgée de la soixantaine, mère de deux enfants.

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