A la Grande Borne, la chaleur intense qui s’est abattue depuis le 4 juillet sur l’ensemble du territoire semble avoir tout tétanisé. Le long des bâtiments de quatre étages, imaginés par l’architecte Emile Aillaud en 1967, le vent chaud qui souffle fait fuir les passants. Brûlée par le soleil, la vaste plaine centrale de cet ensemble de 3 000 logements, à Grigny (Essonne), est totalement désertée. Pas âme qui vive non plus sur les aires de jeux.
Une vieille dame africaine au voile coloré s’est installée sur une natte avec son maïs grillé, dans une des rares cours ombragée. Sow, deux sacs de courses dans les mains, se dépêche de rentrer chez lui pour échapper aux 35 °C étouffants, en ce mercredi après midi de troisième vague caniculaire. « On ne sort plus, mais à l’intérieur aussi il fait trop chaud. On ferme tout », lâche ce Sénégalais de 48 ans, technicien en fibre optique, qui n’a pas souhaité donner son nom. Malgré une rénovation ambitieuse et visible, les immeubles en forme de serpentin sont devenus des fours.
Deux kilomètres plus à l’est, Grigny-2, la plus grande copropriété dégradée de France, semble aussi pétrifiée. Le long des immeubles construits à la fin des années 1960, qui abritent quelque 5 000 logements très abîmés, la fournaise a fait fuir les passants. Les habitants sont cloîtrés derrière les grandes fenêtres sans store, chacun bricolant comme il peut un rideau ou une bâche pour couvrir les balcons brûlants. Même les points de deal tournent au ralenti. Dans le bois attenant, seul sur un escalier en rondin, un homme se repose. Les allées étroites et les berges du lac, impropre à la baignade, sont peu fréquentées, car considérées trop peu sûres.
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