Le groupe coprésidé par Sophia Chikirou (LFI) au Conseil de Paris a annoncé jeudi 11 juin avoir fait un signalement au procureur de la République pour mettre en cause la « responsabilité pénale » de la Ville de Paris dans le scandale des violences sexuelles dans le périscolaire.
Le signalement, sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale, « ne porte pas sur ces violences elles-mêmes, mais sur ce qui les a entourées », notamment « la connaissance ancienne du risque » et « les défaillances dans son traitement », explique dans un communiqué le Nouveau Paris populaire, coprésidé par Mme Ckikirou et l’écologiste Emile Meunier (Verts populaires) et qui compte neuf élus.
Dans son courrier au procureur, le groupe note une alerte, dès juin 2015, d’un rapport de l’inspection générale de la ville, dont les préconisations sont restées, selon lui, « sans effet ». Il dénonce aussi des « signalements tardifs » et « des agents déplacés plutôt qu’écartés ». Comme dans une école maternelle du 12e arrondissement, où « des faits susceptibles de constituer des agressions sexuelles, remontant à l’automne 2023, n’ont conduit au retrait de l’animateur concerné qu’à l’été 2025 ».
Une « commission d’enquête indépendante »
Ou encore dans une école du 7e arrondissement, où « un animateur signalé pour des violences n’a pas été suspendu » et déplacé dans un autre établissement du 15e arrondissement, en décembre 2025. Le Nouveau Parti populaire reproche aussi à l’ancienne maire socialiste, Anne Hidalgo, d’avoir « minimisé la portée » de ces faits.
Depuis le début de 2026, 132 animateurs ont été suspendus, dont 52 pour « suspicion de violences sexuelles ou sexistes », a annoncé mardi le nouveau maire, Emmanuel Grégoire, ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo. L’édile socialiste, qui a mis en œuvre un plan à 20 millions d’euros pour le périscolaire, va mettre en place une « commission d’enquête indépendante », présidée par l’ancien juge des enfants Antoine Garapon, pour faire la lumière sur ce qu’il s’est passé depuis plus de dix ans.
Il a aussi accédé à la demande de l’opposition de mettre en place une mission d’information et d’évaluation transpartisane qui sera lancée en Conseil de Paris la semaine prochaine.