Culture

A la Biennale de Venise, l’écologie investit à grand bruit la création

A la Biennale de Venise, l’écologie investit à grand bruit la création

Les polémiques survenues lors de l’inauguration de la 61e Biennale de Venise, début mai, concernant surtout les pavillons russe et israélien, ont un peu mis dans l’ombre une tendance forte de cette édition : le nombre d’expositions traitant de l’écologie, qui paraissent fort pertinentes dans l’écosystème fragile de la lagune.

Citons pêle-mêle Soft Offerings to Silenced Voices and to All Who Have Turned to Dust, d’Otobong Nkanga, située au pavillon central. L’artiste a gainé de briques les colonnes, pour évoquer le tissu architectural de Venise, y suspendant des terrariums en verre, des pots en argile et des abris pour insectes, afin que la végétation reprenne ses droits sur le bâti. Ou Carolina Caycedo et sa série « Cosmotarrayas », qui entend dénoncer la construction des barrages hydroélectriques, détruisant à la fois le cours naturel des rivières et les économies de subsistance des communautés de pêcheurs.

Le compositeur Antoine Bertin, avec Fish String Theory, a plongé des hydrophones dans la lagune destinés à capter le « kwa », un son produit par la rascasse brune au sein des herbiers de posidonies, qui constituent des zones de nurserie pour de nombreuses espèces, et dont il espère ainsi évaluer la santé et l’état de préservation. Pour sa part, Yoko Shimizu, avec Tides of Light : Meadows of the Abyss, une installation vidéo, tente une expérience proche avec le plancton. On en oublie certainement, tant l’écologie est presque devenue un genre à part entière de l’art contemporain.

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