Le tribunal de Paris a ordonné, jeudi 9 juillet, la rétractation de l’ordonnance ayant autorisé la saisie conservatoire de 40 millions d’euros sur les droits d’auteur de Booba qu’avait obtenue Magali Berdah, selon une décision consultée par l’Agence France-Presse (AFP).
Saisi par la défense de Booba, le tribunal a estimé que l’agente d’influenceurs Magali Berdah n’avait pas démontré de manière suffisante l’existence de cette créance, relevant que la situation financière de l’entreprise « était fortement négative », « avant même la commission des faits reprochés » à Booba. Les avocats du rappeur ont dénoncé « un cumul de mensonges par omission » de la part de Magali Berdah durant l’audience qui s’est tenue le 24 juin.
Le juge d’exécution a aussi condamné la femme d’affaires à verser au rappeur 15 000 euros de dommages et intérêts, comme le demandait la défense de Booba. Pour le magistrat, Magali Berdah a nui à la réputation professionnelle du rappeur en « alimentant abondamment les médias » sur sa requête saisie. « J’ai immédiatement demandé à mes avocats de contester cette décision », a réagi auprès de l’AFP ’agente d’influenceurs. « J’exige la réparation intégrale de ce qu’il a détruit », a-t-elle également déclaré.
« Des centaines de publications, des marques menacées, des années de déferlement organisé », dénonce Magali Berdah
« Le juge s’est prononcé sur une mesure provisoire, pas sur le fond. Le fond, lui, sera jugé. Et nous démontrerons, pièce par pièce, ce que tout le monde a vu en direct : des centaines de publications devant des millions d’abonnés, des marques menacées une à une, des années de déferlement organisé et un préjudice économique considérable qui en est la conséquence directe », a encore assuré Magali Berdah.
Le procès pénal se tiendra en mars 2027 : des juges d’instruction viennent de renvoyer le rappeur devant le tribunal correctionnel pour avoir cyberharcelé personnellement Magali Berdah pendant trois ans et menacé les marques qui travaillaient avec sa société Shauna Events, afin qu’elles rompent leur collaboration. Ce qu’il conteste.
Booba a déjà été condamné au début du mois de juin, par le tribunal correctionnel de Paris, à trois mois de prison avec sursis et 30 000 d’amende pour harcèlement en ligne et injures racistes contre la journaliste Linh-Lan Dao et à 20 000 euros d’amende pour injures raciales contre l’essayiste Tristan Mendès France.