Après l’excellent La Vie et la Mort de Jacques Chirac, on attendait avec impatience le nouvel opus de Huit rois (nos présidents). Dans cette série théâtrale originale – dont les chapitres peuvent se voir de manière indépendante – Léo Cohen-Paperman et Julien Campani, les principaux auteurs, ont abordé chaque président dans un genre scénique différent. Au vaudeville du Dîner chez les Français de V. Giscard d’Estaing, au drame familial de Génération Mitterrand, à la comédie onirique pour Chirac, succède donc SarkHollande (comédie identitaire) soit le stand-up de Nicolas Sarkozy face au clown de François Hollande.
Un seul spectacle pour deux présidents non réélus parce qu’apparemment aucun d’entre eux ne méritait un épisode à lui seul. Mais, cette fois, le processus a du mal à fonctionner. Tout est survolé et manque de profondeur, hormis la troisième partie sur la République malmenée qui sauve le spectacle.
Devant un rideau bleu scintillant, sur une scène surmontée d’une enseigne France Comedy Club, Nicolas Sarkozy (Clovis Fouin, très bien grimé, épousant parfaitement les gimmicks et intonations de l’ancien chef de l’Etat) interagit avec des spectateurs en les classant politiquement selon leur prénom, leur profession ou leur religion. Les années défilent à toute allure : de 2005, année où Sarkozy, ministre de l’intérieur, en visite à Argenteuil (Val-d’Oise), promet de s’attaquer à « la racaille » jusqu’à 2012 et la révélation, par Mediapart, de l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle.
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