Longtemps identifiée, sur le marché occidental, à la figure du chanteur Salif Keita, la musique malienne a connu une mode durable à partir du succès international de Talking Timbuktu (1994), album faisant dialoguer les guitares du griot Ali Farka Touré (1939-2006) et du Californien Ry Cooder – trois ans avant que ce dernier ne tire de l’oubli les vétérans cubains du Buena Vista Social Club. Le secteur des musiques du monde est devenu dingue du mandingue, de la kora de Toumani Diabaté (1965-2024) comme du chant du « rossignol du Wassoulou » Oumou Sangaré. Ou du Dimanche à Bamako (2004), du duo Amadou et Mariam, produit par le musicien français Manu Chao. La contagion a gagné la pop star londonienne Damon Albarn (Blur, Gorillaz). Plus tard est venu le tour du multi-instrumentiste Matthieu Chedid, qui a monté le collectif Lamomali – « l’âme au Mali » comme « l’anomalie » –, dont le premier album a été récompensé d’une Victoire de la musique en 2018.
Au cœur de ce dernier projet, on trouvait les koristes Toumani Diabaté et son fils Sidiki, ainsi qu’une flamboyante chanteuse et guitariste, Fatoumata Diawara. A la scène, son port altier et son rayonnement, sa garde-robe colorée et ses tresses ornées de cauris lui ont naturellement garanti un titre de reine au côté de Matthieu Chedid. En cet été 2026, les festivaliers auront largement l’occasion d’entendre la musicienne de 44 ans. Elle sera en tête d’affiche de plusieurs rendez-vous de musiques du monde (Les Suds à Arles [Bouches-du-Rhône], Détours du monde en Lozère, Les Escales à Saint-Nazaire [Loire-Atlantique], Fiest’A Sète [Hérault]…) comme de jazz (Vienne [Isère], Juan-les-Pins [Alpes-Maritimes]…), avant un Olympia parisien le 25 novembre. Dynamisée, si besoin était, par un addictif quatrième album, Massa, paru le 5 juin. Le titre s’adresse à « l’Eternel », le contenu au commun des mortels.
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