Le filtrage de l’accès aux services d’urgences des hôpitaux par le 15 va être étendu, pour lutter contre l’engorgement de ces services par des patients qui pourraient être pris en charge ailleurs, a annoncé, vendredi 5 juin, la ministre de la santé, Stéphanie Rist.
Aujourd’hui, le filtrage par le 15 est décidé au cas par cas dans les hôpitaux, le plus souvent pendant les pics épidémiques hivernaux ou la période estivale. Mais la ministre a demandé que dès l’automne, avant même les pics épidémiques, la régulation soit décidée préventivement « dans une centaine d’établissements » en France, pour éviter « l’augmentation des tensions », a déclaré Stéphanie Rist devant le congrès des médecins urgentistes et autres professionnels du secteur à Paris.
La liste des établissements concernés devra être fixée par les Agences régionales de santé. Les modalités du filtrage – 24 heures sur 24, ou bien seulement en nuit ou week-end – seront décidées localement, a précisé la ministre lors d’un point de presse.
« Il faut que la régulation soit déclenchée avant que les équipes ne soient en souffrance » dans les services, a-t-elle ajouté à la presse. « Là où cette régulation pourra être pérennisée après le prochain hiver, il faudra qu’elle le soit », a poursuivi la ministre. « Evidemment » en cas de régulation il reste toujours « une présence humaine » à la porte des urgences pour le patient si besoin. « La régulation par le 15 permet de faire baisser de 20 % les passages aux urgences, sans aucunement dégrader l’accès aux soins », selon Stéphanie Rist.
La ministre de la santé a également souhaité que les hôpitaux systématisent la ré-orientation des patients à l’entrée des urgences, dans laquelle l’hôpital aide les personnes à trouver une solution en médecine de ville si c’est adapté. « Je veux fixer un objectif ambitieux, que 100 % des établissements pratiquent la ré-orientation d’ici deux ans », a-t-elle dit.