Tous les ministres de l’éducation le savent, et ont usé de la métaphore pour s’inquiéter des mobilisations de lycéens : « La jeunesse, c’est comme le dentifrice : quand elle sort du tube, on ne peut plus la faire rentrer. » Depuis un an, Jordan Bardella est sorti du tube et se pensait, de plus en plus, destiné à l’Elysée. Il doit désormais apprendre à revivre comme un potentiel premier ministre. Rentrera-t-il ?
Mercredi 8 juillet à La Flèche (Sarthe), cette métamorphose n’est visiblement pas encore achevée : le président du Rassemblement national (RN), pourtant très conscient de l’enjeu de communication de cette première sortie de campagne pour Marine Le Pen, semble absent, visage fermé, indifférent aux traits d’humour ou aux arguments politiques de la candidate. Quand la foule scande « Marine présidente », une petite voix reprend « Et Jordan aussi ! », suscitant l’hilarité : ce qui était une hypothèse probable est devenu un gag.
L’intéressé, interrogé sur le nouveau statut de sa mentore en politique, ne sort pas les cotillons, adoptant cette formule mitigée : « Ce n’est ni du soulagement, ni de la déception. » Le contraste est frappant avec le sourire radieux affiché lors de sa dernière sortie en commun à Liévin (Pas-de-Calais) avec Marine Le Pen, samedi 4 juillet, marqué par des déclarations d’amitié mutuelle à l’orée de la décision de justice.
Il vous reste 81.74% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.