Économie

Le possible rachat d’easyJet par le fonds Castlelake illustre la financiarisation croissante de l’aérien

Le possible rachat d’easyJet par le fonds Castlelake illustre la financiarisation croissante de l’aérien

Il en va du secteur aérien comme du football : pendant les matchs du Mondial, il y a ceux qui regardent les péripéties de la partie, et ceux qui s’intéressent à la valeur des joueurs. La société d’investissement américaine Castlelake, qui manifeste depuis fin mai son intention de prendre le contrôle d’easyJet, la deuxième compagnie aérienne européenne en nombre de passagers, est à ranger dans la seconde catégorie. Elle a l’œil sur le bilan comptable et l’évaluation des actifs de long terme, plutôt que sur les yo-yo du cours de Bourse et les pertes conjoncturelles.

Ce rachat potentiel n’est une surprise pour aucun spécialiste. Le choc énergétique et financier traversé par le transport aérien du Vieux Continent après le déclenchement de la guerre américano-israélienne en Iran, le 28 février, a fatalement transformé les entreprises les plus affaiblies en cibles. EasyJet, qui avait affiché un recul de son cours de Bourse allant jusqu’à 35 % au printemps par rapport à ses plus hauts de janvier, faisait partie des proies les plus visibles.

Une compagnie aérienne n’a ainsi pas survécu à l’explosion des coûts du carburant : la low cost américaine Spirit Airlines, liquidée début mai. D’autres sont souvent citées comme de possibles victimes à venir : la hongroise Wizz Air ou la lettone Air Baltic, par exemple. « Il y a beaucoup de compagnies en Europe, peut-être trop », relève Marc Rochet, président du cabinet de conseil Aérogestion.

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