Eric Carreel ne dédaigne pas le qualificatif de « vétéran » de la « French Tech ». Multi-entrepreneur, il a cofondé nombre de sociétés souvent restées méconnues du grand public (Invoxia, Sculpteo, etc.). C’est un peu moins le cas de Withings, avec ses montres et ses balances connectées, qui a annoncé, mardi 30 juin, avoir dégagé des bénéfices en 2025 sans pour autant les préciser. Il s’agit d’une première depuis la création de l’entreprise en 2008 et une vie actionnariale agitée.
Fondée avec deux autres ingénieurs, Cédric Hutchings et Fred Potter, Withings lance d’abord un pèse-personne connecté, puis développe une gamme d’instruments de mesure des données de santé. Grâce à deux levées de fonds (4 millions de dollars, soit 3,5 millions d’euros, en 2008, puis 23 millions d’euros en 2010), la société part à l’international, en particulier aux Etats-Unis où elle réalise rapidement la moitié de son chiffre d’affaires, lui aussi gardé secret.
En 2016, elle entrevoit la perspective de premiers bénéfices quand elle est rachetée pour un montant de 164 millions d’euros par Nokia, qui souhaite accélérer dans la santé connectée. Mais la greffe ne prend pas et le groupe finlandais décide de s’en délester en 2018. Eric Careel formule alors, à titre personnel, une offre de reprise pour un montant non communiqué mais bien inférieur au montant consenti deux ans plus tôt par Nokia, et rafle la mise.
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