Vendredi 26 juin, le match de football opposant l’équipe de France à la Norvège a commencé depuis seulement une minute quand une frappe de Kylian Mbappé heurte déjà la barre transversale. La terrasse du Montmartre frissonne, malgré la chaleur caniculaire. A l’angle des rues Gabriel-Péri et Louis-Blanc, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), les tables de ce bar de quartier tourné vers le Sacré-Cœur sont pleines. Et ce soir-là, les femmes sont plus nombreuses que les hommes.
Peu de clients ont remarqué les affiches au format A4 placardées trois jours plus tôt dans la salle de l’établissement et ses toilettes. On y trouve dessus un QR code qui permet de signaler une violence sexiste ou sexuelle (VSS). Le personnel dispose, lui, d’une fiche réflexe pour accueillir la parole d’une victime et intervenir. Le gérant, Amine (les personnes citées par leur prénom n’ont pas souhaité donner leur nom de famille), 29 ans, a accepté sans hésiter de participer au dispositif mis en place par l’association Her Game Too pendant la Coupe du monde.
« Les bars que nous contactons veulent pouvoir accueillir tout le monde, explique Maëva, 31 ans, bénévole de l’association. Certains sont déjà sensibles aux VSS. Pour eux, le dispositif s’inscrit dans la continuité. D’autres se sentent loin du problème et sont contents qu’on leur donne des clés. » Her Game Too revendique 43 établissements partenaires dans une douzaine de villes françaises, dont Paris, Saint-Ouen, Rennes, Toulouse, Grenoble ou Marseille. Les signalements sont transmis à l’association ainsi qu’à la fédération France Victimes, qui peut proposer un accompagnement psychologique et juridique.
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