La femme de Jérôme Barella a dénoncé un viol commis par son mari alors que ce dernier est suspecté du viol et du meurtre de Lyhanna dans le Gers, a annoncé la procureure d’Auch, Clémence Meyer, dans un communiqué de presse diffusé samedi 27 juin.
La femme et mère de deux filles de Jérôme Barella âgées de 7 et 11 ans a été entendue par les gendarmes de la section de recherches de Toulouse (Haute-Garonne) les 18 juin et 19 juin, précise le communiqué. C’est dans ce cadre qu’elle a dénoncé des faits commis par son mari, susceptibles de revêtir une qualification « de viol sur sa personne », ajoute le texte.
Lyhanna, 11 ans, a été retrouvée morte dans le Gers le 4 juin, plusieurs jours après sa disparition. Le principal suspect, Jérôme Barella, un intérimaire de 41 ans, n’avait jamais été interpellé ou convoqué malgré plusieurs plaintes et signalements pour des violences sexuelles sur d’autres mineurs. Il est actuellement incarcéré à la prison de Mont-de-Marsan à l’isolement.
D’abord mis en examen pour enlèvement et séquestration dans le cas de Lyhanna, il est désormais poursuivi pour meurtre et viol sur mineure depuis que l’autopsie de la collégienne a déterminé qu’elle avait été violée. L’autopsie du corps de Lyhanna n’a toutefois pas permis de déterminer « avec certitude », selon le parquet d’Agen, la cause de son décès.
Plusieurs défaillances
Jérôme Barella avait fait l’objet de plaintes pour viols sur mineures en 2022 et 2025, mais son casier judiciaire ne fait mention d’aucune condamnation. Un rapport publié lundi par le chef de l’inspection générale de la justice a mentionné plusieurs « défaillances » et « pertes de temps » dans le traitement des plaintes précédentes, notamment celle de Rosa, déposée en août 2025, soit plus de neuf mois avant la mort de Lyhanna.
Rosa, âgée de 11 ans a déclaré avoir été violée une cinquantaine de fois entre septembre 2024 et avril 2025 par Jérôme Barella, selon le rapport. L’enquête ouverte à la suite de la plainte de sa mère pour viols, possiblement entachée de « défaillances » de la part des gendarmes de Condom (Gers), selon les résultats d’une inspection, a été désormais confiée à l’antenne d’Agen (Lot-et-Garonne) de la section de recherches de Bordeaux, a par ailleurs appris l’Agence France-Presse vendredi de sources judiciaires.
Ces révélations portant sur plusieurs plaintes pour viols sur mineures ainsi que divers signalements visant le suspect ont suscité une vive émotion dans le pays, exprimée lors de nombreux rassemblements. Elles ont aussi relancé les questionnements sur le système judiciaire ou les services d’enquête dont le traitement des violences sexistes et sexuelles est remis en cause.