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Mort de Lyhanna : le cas de Jérôme Barella bien traité par la proviseure en 2020, selon un rapport d’inspection

Mort de Lyhanna : le cas de Jérôme Barella bien traité par la proviseure en 2020, selon un rapport d’inspection

La proviseure du lycée où Jérôme Barella, suspecté du meurtre de Lyhanna, était employé en 2020, a eu un « traitement plutôt remarquable » du dossier, quand une élève a révélé des échanges « inappropriés » avec lui, selon un rapport de l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR), publié lundi 22 juin.

Le rapport « note également une prise de décisions fermes (blâme et non-renouvellement de contrat) par les services de la région Occitanie à l’encontre d’un agent aux évaluations jusque-là toujours très positives, dès le premier signalement d’une conduite inappropriée ».

Jérôme Barella avait auparavant travaillé dans quatre établissements scolaires gersois, à partir de septembre 2018, comme agent polyvalent (entretien, service de restauration, petite maintenance) employé par la région Occitanie. Son casier judiciaire, « demandé par la région », « ne fait mention d’aucune condamnation », souligne l’inspection, en affirmant qu’il est alors un agent « apprécié ».

Le 23 septembre 2020, il est employé pour six mois au lycée de Lectoure lorsqu’une élève de 1re « confie à la proviseure entretenir des conversations via le réseau social Snapchat » avec lui et que « la relation dégénère ». Selon le rapport, les messages sont « inappropriés entre un agent travaillant dans un établissement scolaire et une élève ». Le jour même, la proviseure reçoit, « recadre » Jérôme Barella et lui « ordonne de ne plus entrer en contact » avec elle ni avec les autres élèves. Selon l’inspection, « aucun élément ne conduit à penser que cette injonction n’a pas été parfaitement respectée » par M. Barella les mois suivants.

Pas de signalement au procureur en l’absence d’infraction

La région a ensuite lancé une procédure disciplinaire, qui a abouti à un blâme le 21 janvier 2021, et au non-renouvellement du contrat. La question de faire un signalement au procureur ne s’est pas « posée ni pour la proviseure ni pour la région ». « Ils considéraient qu’il n’y avait pas de faits délictueux en absence de toute relation et tout geste intime entre l’élève et Jérôme B. et que les propos échangés sur Snapchat n’étaient pas répréhensibles pénalement (absence de caractère sexuel explicite ou implicite) », assure le rapport.

L’inspection affirme aussi que la sortie de Lyhanna de son collège le 29 mai à 15 heures était « régulière », puisque son dernier cours s’achevait à 14 h 55, et que ses parents l’avaient autorisée à quitter le collège avant 17 heures.

Un autre rapport, remis lundi à Matignon, portait sur le fonctionnement des magistrats et des gendarmes quant à la plainte pour viols sur Rosa, déposée en août 2025 et visant Jérôme Barella. Cette plainte a été traitée « avec célérité » à Toulouse mais de façon défaillante une fois transmise au parquet d’Auch.

La mission d’inspection relative au traitement des procédures judiciaires concernant Lyhanna « établit une vérité d’une extrême gravité », à savoir que « la chaîne de protection a failli », en raison d’une « succession d’erreurs, de négligences, d’inactions et de mauvaises décisions », a écrit, sur X, Sébastien Lecornu.

« La puissance publique ne se défaussera pas. Elle doit reconnaître cette défaillance, établir précisément les responsabilités et en tirer toutes les conséquences, y compris individuelles. Cette exigence de vérité ne doit cependant pas conduire à jeter l’opprobre ni sur la gendarmerie nationale ni sur l’autorité judiciaire dans leur ensemble », a affirmé le premier ministre.

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