Chaque épisode caniculaire semble suivre le même scénario. Aux alertes météorologiques succèdent les mêmes images : des écoles contraintes de fermer leurs portes ou, à tout le moins, d’être réaménagées ; des hôpitaux mis en alerte ; des villes à la recherche d’îlots de fraîcheur ; des appels répétés à la vigilance ; des cellules de crise activées par le gouvernement et des dispositifs d’urgence mis en œuvre par les préfectures et les collectivités. Parfois largement imparfait, le protocole est désormais rodé. Peut-être trop…
Derrière cette mécanique se dessine l’impression d’une puissance publique condamnée à courir derrière les événements et à réagir plutôt qu’à anticiper. A chaque crise, l’urgence semble irrémédiablement l’emporter sur la préparation. La canicule actuelle n’échappe pas à cette logique. Surtout, sa gestion semble révéler une crise plus profonde de l’action publique et sa difficulté plus structurelle à anticiper, planifier et agir avant que des événements ne s’imposent.
« La gestion de la canicule est un nouveau symbole de l’impuissance publique à gérer les crises et, plus globalement, à conduire des politiques publiques », estime l’ancien député Les Républicains François Cornut-Gentille, auteur de Savoir pour pouvoir. Sortir de l’impuissance démocratique (Gallimard, 2021). « Gouverner, c’est prévoir », dit effectivement la maxime. La formule n’a sans doute jamais autant été d’actualité. Mais elle n’a peut-être jamais été non plus aussi difficile à traduire dans les faits.
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