Une « piqûre de rappel ». Voilà comment Didier Deschamps, le sélectionneur de l’équipe de France masculine de football, présente la défaite des Bleus, jeudi à Nantes, contre la Côte d’Ivoire (1-2). A deux jours de leur départ pour les Etats-Unis, et à une semaine de leur entrée en lice à la Coupe du monde 2026 (du 11 juin au 19 juillet) – face au Sénégal, mardi 16 juin, à New York –, ils sont de retour sur le terrain, lundi 8 juin au stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d’Ascq (Nord), pour accueillir l’Irlande du Nord et lever les doutes qui les entourent.
Avec ce second et dernier match de préparation, qui les oppose à l’« armée verte et blanche », non qualifiée pour la reine des compétitions internationales, les Français auront à cœur de terminer sur une note positive – même si « DD » et ses joueurs se sont gardés de considérer leur revers contre la Côte d’Ivoire comme un faux pas. « C’est une défaite et ça ne fait jamais plaisir (…). Je ne vais pas dramatiser non plus, comme je ne me serais pas enflammé si on avait gagné », a ainsi déclaré Didier Deschamps, en poste depuis 2012, qui n’a jamais connu un tel scénario à l’approche d’un tournoi majeur.
Le milieu de terrain Aurélien Tchouaméni (45 sélections et 3 buts) est sur la même ligne. « Serein pour la suite », il estime qu’il n’y a « pas de conclusions à tirer de ce match ». Le pensionnaire du Real Madrid, titulaire jeudi, a été remplacé à la pause, comme dix des onze footballeurs français au fil de la seconde période. Une rotation rare, pour ne pas dire inédite – 21 des 26 joueurs qui iront en Amérique ont pris part à la rencontre –, qui avait vocation à tester les automatismes, mais surtout la fraîcheur de l’ensemble de l’effectif tricolore. Celui-ci, en effet, sort d’une nouvelle saison particulièrement longue.
Rythme effréné
Si Mike Maignan, le gardien titulaire des Bleus, n’a pas cédé ses gants, laissant Brice Samba et Robin Risser dans leur rôle de remplaçants, seulement trois joueurs de champ ont gardé leurs crampons délacés : Ousmane Dembélé, Désiré Doué et William Saliba. A savoir les trois Français titulaires lors de la finale de la Ligue des champions, qui, samedi 30 mai, a vu le Paris Saint-Germain décrocher sa deuxième étoile européenne contre Arsenal, aux tirs au but.
L’inquiétude avait alors gagné l’attaquant parisien Ousmane Dembélé, lauréat du Ballon d’or 2025 et élément-clé de la ligne offensive des Bleus, qui était sorti au cours de la rencontre en raison d’une gêne musculaire. William Saliba, pilier de la défense des Gunners et de la sélection tricolore, a, un temps, vu sa participation au Mondial remise en question en raison de douleurs chroniques au dos et à une cheville liées à la cinquantaine, voire à la soixantaine de matchs disputés, toutes compétitions confondues, contre les plus grands clubs du continent.
En Europe, ce rythme effréné est devenu habituel, malgré les critiques. Et les Bleus sont, eux aussi, concernés, alors que huit nouvelles rencontres potentielles les séparent d’un troisième sacre en Coupe du monde. Interrogé sur les déboires physiques et l’état de forme global de ses protégés, Didier Deschamps s’est voulu rassurant : « William Saliba va bien », « Kylian Mbappé est en forme », et « les 26 sont dans de bonnes conditions », a insisté le technicien basque. Entre l’excitation du grand départ, les ambitions que nourrit son équipe et les envies de titularisation de chacun, le sélectionneur a écarté soigneusement le sujet de la fatigue, grande inconnue des derniers préparatifs.
« On est au top »
Seul l’attaquant Rayan Cherki, unique buteur français contre la Côte d’Ivoire, a évoqué l’état physique du groupe au micro de TF1, après la rencontre, expliquant qu’il y avait « un peu de fatigue, mais [que] le but, c’[était]d’être bons le 16 juin ». Au stade de la Beaujoire, cet épuisement a été patent au niveau individuel, comme l’ont révélé les carences défensives d’Ibrahima Konaté (56 rencontres disputées cette saison), le manque de pugnacité de Marcus Thuram (48), de Michael Olise (61) et de Kylian Mbappé (51), ou encore la lassitude de Jules Koundé (52).
Encore galvanisé par la victoire européenne du PSG, et avec moins d’une demi-heure de jeu à Nantes, Lucas Hernandez (39), souvent remplaçant, préférait, pour sa part, rester optimiste, à l’image de son sélectionneur : « On est au top. On n’a pas eu de repos, mais si le coach a besoin de nous, de moi, on sera là. »
Prétendant à un poste ouvert à la concurrence, le défenseur polyvalent, qui figure parmi les quatre rescapés de l’effectif titré en 2018 – aux côtés de N’Golo Kanté, de Kylian Mbappé et d’Ousmane Dembélé – pourrait avoir du temps de jeu dans le couloir gauche contre l’Irlande du Nord. Avant d’aller « écraser tout le monde » en Amérique, comme le déclarait son coéquipier Rayan Cherki, les Bleus auront, lundi, de premiers éléments de réponse à leurs maux passagers.