« Nous mettons fin à la saison touristique. De la Crimée nous ferons une île. » La menace, formulée par le ministre ukrainien de la défense, Mykhaïlo Fedorov, résume à elle seule les intentions de Kiev envers sa péninsule annexée par Moscou en 2014. Depuis mai, les forces ukrainiennes mènent des frappes systématiques sur les routes et les ponts reliant la presqu’île à la Russie, ainsi que sur les infrastructures et les installations militaires russes, provoquant des coupures de courant, d’eau, des pénuries d’essence, et semant un vent de panique auprès des touristes et des habitants.
En quelques mois, l’Ukraine a transformé la Crimée, Riviera des Russes prisée pour ses beaux paysages et son paisible bord de mer, en champ de bataille. Les explosions, les alertes aériennes, les queues interminables aux stations-service, les coupures d’électricité et les marées noires le long du littoral font désormais partie du quotidien des vacanciers. Des Criméens, en pleurs, choqués ou indignés, se filment pour faire part de leur désarroi sur les réseaux sociaux.
« Je m’adresse à Moscou et à Poutine au nom des habitants de Crimée, lance une jeune femme au volant de sa voiture dans une vidéo diffusée sur Telegram, dimanche 5 juillet. Vous nous aviez promis la sécurité et une vie normale. Mais, en réalité, ce sont des stations-service vides, la peur, les contrôles, les files d’attente et une incertitude totale (…). A la télévision, on dit que tout est sous contrôle. Mais si la Crimée vit en mode survie, alors il n’y a déjà plus de contrôle (…). Pourquoi nous avez-vous abandonnés ? »
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